"Les hospitaliers sauveteurs bretons ne sont pas là pour sauver les poissons" de Jean-Christophe Gueguen
ISBN:2-7566-0018-0 Prix:13 euros
Ce temps là avait du bon....
Servir la messe en pyjama, faire naufrage un jour où il faudrait absolument surveiller les élections à la mairie, trembler de peur certaines nuits fantomatiques ; ces petites histoires de vies, drôles ou naïves, sérieuses ou loufoques, sont un remède au stress et à la déprime.
L'auteur :
Né à Paris dans limmédiate après-guerre, lauteur est très vite revenu en Bretagne, la région dorigine de son père. Cest une époque charnière où les enfants ne sont plus élevés comme leurs parents, où la religion qui reste très présente dans la vie quotidienne voit son influence samenuiser. Cest aussi une époque où les grands-parents racontent des anectodes de leur vie aux plus jeunes. Dans un joyeux foisonnement de nouveaux loisirs apparaissent, le tourisme se développe, de jeunes artistes percent en province. Pendant les vacances, il vit à Carantec, dans la maison familiale en bord de mer. Il en a conservé de nombreux souvenirs qui sont devenus le sujet de petites histoires qui mêlent lobservation et la fiction. Ces brèves de vie, teintée dhumour, prolongent sans nostalgie le plaisir de vivre et de se souvenir.
Extrait :
"Une maison de fonctionnaire qui se respecte possède un lavoir individuel alimenté par une pompe à bras branchée sur le puits du jardin. Cet équipement permet de laver son linge sale en famille et de cacher ses fonds de culottes aux voisins. Il faut reconnaître que la discrétion nétait pas de mise chez les lavandières qui auraient pu sappeler des baveuses plutôt que des laveuses...
Le lavoir communal remplaçait avantageusement la radio locale ou le téléphone portable. Les nouvelles, qui se propageaient sur les ondes courtes, à portée de langue, nétaient ignorées de personne, via les offices religieux et les bistrots. Si lon souhaitait rester à labri des cancans, un lavoir individuel savérait indispensable. Cétait le cas chez nous.
Le problème cependant, cest que la lessive se fait à genoux. Une laveuse expérimentée possède des genoux à toute épreuve, quasiment blindés. Elle les glisse dans une caisse, matelassée de paille, dont le moelleux laisse à désirer. Dans les bonnes familles on ne sagenouille que devant Dieu sur un prie-dieu capitonné ; la lessive reste une véritable corvée quil est préférable de sous-traiter à une laveuse individuelle à domicile.
Thérèse, locataire du rez-de-chaussée que nous appelions la cave, remplissait cet office, et le rythme du battoir à linge avec le crépitement du feu sous la lessiveuse, se mélangeait à celui des pommes de pins qui éclataient au soleil de la saison chaude."
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