Français
Classe Académie










Les mots du langage et de l'écriture





LES MOTS EN PAROLE

   Par la parole, on peut :

Palabrer (discuter vainement); préconiser; relater (conter); signifier (ses intentions); épiloguer (faire des commentaires ou critiques); paraphraser; renchérir (sur les propos de quelqu'un);  fabuler (élaborer des fabulations); marmotter (marmonner); bêtifier (parler niaisement); alléguer (prétexter); se dédire (dire l'inverse d'une parole prononcée précédemment); décrier (dire du mal de quelqu'un); se récrier (pousser des cris de protestation); s'offusquer; rechigner; maugréer (manifester une mauvaise humeur);  tonitruer (tonner contre quelque chose); vociférer; se rétracter; réfuter (démentir); se rebiffer (se révolter); se ravaler (s'abaisser) ; refréner (mettre un frein aux propos de quelqu'un); pondérer (calmer); lésiner ; se raviser; ratifier (des propos: les confirmer); révoquer (un ordre: le déclarer nul); spéculer sur (compter sur); s'ériger (en juge); abreuver (d'injures); se méprendre; mésestimer; récriminer contre (critiquer sans cesse); congratuler (féliciter).

On parle également de :

Un tollé d'indignations (cri); des propos virulents, véhéments, âpres (violents); un agrément (approbation); un desiderata (revendication); une allégation (affirmation); une voix cristalline, cuivrée (claire); une réponse dilatoire (qui tend à gagner du temps); un ton goguenard (moqueur); s'exprimer sans ambages (sans détours).




LES MOTS DE L'ECRITURE

     Les oeuvres de la plume font appel à :
L'histoire événementielle (qui se borne à la narration des événements); un librettiste (auteur de livrets destinés à être mis en musique); une supplique ou un placet (sollicitation de grâce par écrit); un ysopet (recueil de fables médiévales); un églogue (poème pastoral).




LES MAUX DU LANGAGE

    Pour déjouer les pièges orthographiques, on écrit:

Matois (sans accent circonflexe sur le "a"); les missi dominici (envoyés du maître); pécuniaire (et non pécunière); de plain-pied (et non plein-pied) ; une pléthore (mot féminin) ; des confetti (sans "s" final);
Sont toujours au pluriel : les alentours, les confins, les dépens, les environs, les fastes, les gravats, les honoraires.




LES MOTS AUTHENTIQUES

    Tirés des oeuvres littéraires:

Jeter l'anathème sur (condamnation publique); sous les auspices (avec protection et appui); un brandon de discorde (personne ou chose provoquant la discorde); boire le calice jusqu'à la lie (supporter de durs affronts); jeter son dévolu sur (choisir).




UN MOT D'HISTOIRE

     14 juillet, prise de la Bastille. Qui étaient les "malheureux" libérés ce jour-là de cette terrible prison?

"La Bastille était haïe (..). Cependant représentait-elle encore aux yeux du peuple le symbole du pouvoir arbitraire ? Louis XVI n'y avait envoyé qu'une moyenne de dix-neuf prisonniers par an sur lesquels se trouvaient nombre de fous, de faussaires incarcérés là par protection ou de détenus enfermés à la demande de leur famille. Les prisonniers y recevaient des visites, y apportaient leurs meubles et le roi les habillait et les nourrissait royalement. On verra simplement Latude se plaindre que les poulardes de la Bastille n'étaient point copieusement lardées et exiger des robes de chambre doublées de fourrure. On s'était hâté de le satisfaire..."

Le 14 juillet "on dut forcer la porte des cachots, car les vainqueurs étaient en train de promener triomphalement les clefs de marchand de vin en marchand de vin. On découvrit sept prisonniers: deux fous qu'on se hâta d'expédier à Charenton, quatre faussaires et le comte de Solanges, enfermé pour inceste, coupable, selon son oncle de crimes atroces. C'était peu brillant! On étoffa le lot en y joignant un comte de Lorges, vieillard, héros et martyr... qui n'avait jamais existé! Ce qui n'empêcha pas Michelet de nous décrire sa barbe tombant jusqu'à la ceinture"

Extraits de l'Histoire de France d'Alain Decaux et André Castelot.





UN MOT DE LITTERATURE

   "Et Twitter ? Socrate aurait-il tweeté ? Il l'a fait... Qu'on se souvienne du : "Je sais que je ne sais rien" (27 signes), "Nul n'est méchant volontairement" (32 signes), "Connais-toi toi-même" (20 signes), "Il vaut mieux subir l'injustice que la commettre" (48 signes)...(..) On pourrait aussi ajouter que Jésus a tweeté lui aussi : "laissez venir à moi les petits enfants" (39 signes), "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (38 signes), "Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu" (75 signes), "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi" (43 signes). Rappelons qu'avant lui, aidé par Moïse, Dieu avait déjà beaucoup tweeté. Ainsi : "Tu ne tueras point" (18 signes), "Tu ne commettras pas d'adultère" (31 signes), "Tu ne voleras point" (19 signes), "Tu ne feras pas de faux témoignage" (34 signes)."

Extrait de Le miroir aux alouettes. Michel Onfray.