Français
Classe Académie










Les mots du langage et de l'écriture (2)





LES MOTS EN VUE

    Par le regard, on peut:

Mobiliser son attention sur (quelqu'un ou quelque chose); couver des yeux (regarder avec convoitise, affection); jauger quelqu'un (apprécier sa valeur); toiser quelqu'un (regarder avec dédain); regarder avec distanciation (avec recul).

     Un regard peut également être:

Courroucé (en colère); d'airain (froid); marmoréen (dur); réprobateur (qui reproche); scrutateur (qui guette); torve (menaçant); vindicatif (vengeur); triomphant.

     Par l'attitude, on peut:

Piaffer d'impatience (s'impatienter); cogiter (réfléchir longuement); débouler un escalier (le descendre rapidement); se jucher sur un siège (se mettre debout sur un siège); virevolter ou faire volte-face (pivoter sur soi); clopiner (boitiller); se mettre à croupeton (accroupi); avoir une démarche chaloupée (une démarche qui tangue); donner une bourrade (une tape dans le dos); faire un croque en jambe (croche-pied).





LES MOTS DE L'ECRITURE

    Les mots de la plume autorisent:

Le boutade (mot d'esprit); le calembour (jeu de mots sur l'interprétation des sons); la lapalissade ("vérité vraie" du nom de Lapalisse); le truisme (vérité banale, sans importance).




LES MAUX  DU LANGAGE

    Pour déjouer les pièges orthographiques et grammaticaux, on écrit:

Ennuyant (qui ennuie de temps en temps) et ennuyeux (qui ennuie en permanence); les oreilles rebattues (et non rabattues); trantran (et non traintrain ...bien que le second soit entré dans le langage familier); c'est ma faute (et non c'est de ma faute); avant qu'il ne fût venu (avec un accent circonflexe sur le "u" car subjonctif) et après qu'il fut venu (sans accent sur le "u" car indicatif); de façon que ou de manière que (et non de façon à ce que ou de manière à ce que); un esclandre (et non une esclandre); monter l'escalier (et non les escaliers); sans que personne puisse s'y opposer (et non sans que personne ne puisse s'y opposer); une espèce de clown (et non un espèce de clown).

     Sont des pléonasmes (répétitions inutiles):
Puis ensuite (puis ou ensuite suffit); préparer d'avance (préparer suffit); prévoir avant (prévoir suffit); collaborer ensemble (collaborer suffit); comparer ensemble (comparer suffit); se réunir ensemble (se réunir suffit); s'entraider mutuellement (s'entraider suffit); suivre derrière (suivre suffit); une double alternative (alternative suffit); panacée universelle (panacée suffit); au grand maximum (au maximum suffit).




LES MOTS AUTHENTIQUES

     Tirés des oeuvres littéraires:
   
Se mettre martel en tête (se faire du souci); vouer quelqu'un aux gémonies (le livrer au mépris de quelqu'un); entrer en lice (entreprendre une discussion); parler avec jactance (se vanter); instinct grégaire (qui pousse à se rassembler); la lie du peuple (la populace); chercher noise à quelqu'un (lui chercher des ennuis); prendre ombrage (s'inquiéter); pousser des cris d'orfraie (pousser des hurlements); être en porte-à-faux (être dans une situation périlleuse); rester sur son quant à soi (garder ses distances); aller à vau-l'eau (ne pas réussir); en un tournemain (en un instant); mettre en exergue (mettre en évidence); une démarche coûteuse (une démarche pénible); décliner un honneur (rejeter un honneur).




UN MOT D'HISTOIRE

    Les Francs étaient vêtus d'habits... qui moulaient leurs formes.

"Ce qui caractérise avant tout les tribus franques, c'est l'individualisme. Elles forment des groupes distinctes, autonomes, qui ne parviennent à s'unir que pour se lancer dans des expéditions guerrières très brèves. Ce n'est ni une race homogène ni une nation, mais une juxtaposition de peuplades. Assez obscure, l'origine de leur nom est assurément germanique. "Franc" se rattache à une racine qui signifie fier, farouche, hardi, avec une nuance d'arrogance provocatrice. Sidoine Apollinaire, noble gallo-romain (..) ne voit dans les Francs que des guerriers frustes, uniquement passionnés de guerre. Ils sont généralement blonds ou roux. Leur nuque est rasée, et les cheveux ramenés par-devant. Ils ont des yeux clairs et brillants, ne portent ni barbe ni moustache, mais laissent pousser sur leurs joues des touffes de poils. Ils sont vêtus d'habits qui moulent leurs formes, portent une tunique retenue à la taille par une large ceinture qui s'arrête aux genoux pour laisser les jambes nues (..) Si d'aventure, ils sont accablés par le nombre ou trahis par l'infortune des lieux, la mort seule les fait succomber, jamais la crainte. Ils restent sur place invaincus et leur courage survit, pour ainsi dire, à leur dernier souffle."

Extrait de l'Histoire de France d'Alain Decaux et André Castelot.




UN MOT DE LITTERATURE

La culture esthétique

"Une grand part de la culture revêt un caractère esthétique (littérature, musique, peinture). Comme nous pensons que toute politique du bien-vivre doit cultiver la poésie de la vie, laquelle implique la capacité de participation affective, d'admiration, d'émerveillement, elle se doit de favoriser la culture esthétique qui nous aide à vivre poétiquement. Souvent, durant le temps de la participation esthétique, elle nous humanise, comme au cinéma, par exemple, grâce auquel nous comprenons et aimons celui que nous ignorerions et mépriserions dans le vivre quotidien -le vagabond, le criminel, l'ennemi- car nous sommes sensibles, sur l'écran, aux aspects humains de la personnalité, parfois inhumaine par ailleurs. Le monde est à la fois merveilleux et horrible. L'esthétique nous aide à nous émerveiller et nous permet de regarder l'horreur en face."

Extrait de Le chemin de l'espérance. Stéphane Hessel - Edgar Morin.