Lynda GUILLEMAUD

"Pas écrire pour vivre, pas cette écriture qui fait urgence et déchirements, comme celles et ceux que j'admire tant[2] et dont je me vante à la moindre occasion d'être l'amie. Pas même écrire pour dire. Décidément dilettante, écrire pour jouer avec les mots, les tourner en bouche pour leur sonorité, les trousser pour en admirer les dessous, les tordre et les assembler. Détourner Brel pour des manifestations et écrire des sketches pour Brins d'Filles au lycée. Jouer au jeu de massacre avec la prof de français en sixième. Clamer en français du Jose Maria de Heredia, petite fille sur les genoux de mon père qui le prononce avec quelques secondes d'avance en espagnol pour jouer à la traductrice simultanée."

Lynda Guillemaud met en ligne d'excellents textes, des "braconnages" du côté de Simone de Beauvoir, Pierre Bourdieu, Régis Debray (extraits choisis de leurs ouvrages), des citations, des poèmes, des romans ... et un doute : "Pendant ce temps-là, j'apprends que ledit roman, envoyé "pour voir" au Concours international littéraire d'Arts et Lettres de France (sis à Bordeaux), a reçu le Premier Accessit dans la section roman... Le premier étonnement passé, je me dis que finalement ma prose doit avoir quelque valeur, compte tenu qu'en plus, sur mes dix premiers refus d'éditeurs, sept l'ont été après lecture en comité." Oh que oui, elle en a de la valeur cette prose !

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