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VIEUX : le mag d'Antoine de Caunes

    Le groupe financier CMI Média a eu la bonne idée de sortir un trimestriel destiné aux « VIEUX ». Euh… Pardon, un magazine « intergénérationnel » qui a « l’ambition d’offrir un espace de réflexion à ceux qui veulent penser le présent du monde et son avenir, et mettre en valeur l’expertise et la sagesse. »

    Antoine de Caunes, conseiller éditorial, a dû se tordre de rire en écrivant ces mots, sachant qu’ « instaurer un dialogue entre générations et changer le regard sur la vieillesse » n’est qu’un vœu pieux. Car si les vieux courent après les jeunes et le jeunisme, c’est loin d’être le cas dans l’autre sens. À la fois responsable de la désintégration de la planète et de l’indigence des étudiants (sachant toutefois que 2 millions de vieux vivent sous le seuil de pauvreté), l’ancêtre n’est plus en odeur de sainteté. De fait, on saluera le courage de ceux qui vivent leur âge sans complexe… et font le bonheur de CMI média.

    Tiré à 100000 exemplaires pour son lancement, le trimestriel connaît un grand succès. Et pour cause, les vieux sont de plus en plus nombreux, ils disposent de beaucoup de temps, aspirent à autre chose que le sudoku et partagent même des émotions sous les draps. Mais par-dessus tout, les vieux ça lit, ils sont peut-être les derniers à lire d’ailleurs. Et il y a de quoi lire. Le label De Caunes n’est pas en reste dans cet engouement pour le magazine. D’une part, « il porte bien son âge » comme on dit, bref il est encore comestible, d’autre part ça rappelle des souvenirs de jeunesse, les grandes heures de canal +, le bon air vivifiant de la liberté d’expression. Du coup, reste un point d’interrogation : le magazine « Vieux » aurait-il pour mission de ramener à l’orthodoxie des jeunes de gauche devenus des vieux de droite ? À suivre...




Nos sœurs afghanes et iraniennes...


   Plus qu’un livre, c’est un appel à toutes les femmes que lance Fawzia Koofi. Après avoir fui les talibans suite à deux tentatives d’assassinat, l’auteure témoigne et se bat pour ses sœurs emprisonnées par un régime d’une cruauté innommable. Lettres à mes sœurs revient sur le quotidien des femmes condamnées au voile intégral (burqa).

    Le retour des talibans au pouvoir après le retrait des forces américaines a été pour les afghanes le coup de grâce. Il leur est interdit d’avoir accès à l’éducation au-delà de 12 ans, d’exercer un emploi, de sortir sans être accompagnées d’un « tuteur », d’utiliser les transports en commun ou de faire entendre leur voix en public en parlant, en chantant, ou en lisant à haute voix. Il leur faut baisser les yeux devant les hommes et se couvrir le visage et le corps intégralement en tous lieux. Placées en détention elles sont victimes de viols et les suicides sont nombreux. L’esclavage sexuel est de mise. Les femmes de plus de 12 ans sont contraintes à des mariages forcés, encouragés par les familles pour lesquelles elles représentent une charge faute de pouvoir prétendre à d’autre avenir que l’enfermement.
On dénombre 90 % de femmes dans les établissements psychiatriques, victimes de ces tortures psychologiques et physiques.

    Telle est l’existence des femmes afghanes, dont il est peu fait écho sous un ciel non voilé. Pas plus qu’il est fait écho du sort des femmes iraniennes en soutien desquelles l’artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, auteure de Persepolis, a refusé la légion d’honneur, déclarant : « Je serai honorée lorsque tous les défenseurs de la liberté le seront à mes côtés ».







Philippe de Villiers nouveau Ministre de la Culture ?

    « Quand on tue un peuple, cela s’appelle un populicide !». Le denier opus de Philippe de VilliersPopulicide (Fayard) dresse le constat accablant de la mort d’un peuple à travers la désintégration de son histoire, sa culture, sa langue, ses traditions et l’ effacement de son identité : « Ce n’est plus seulement la mémoire d’un pays qui est atrophiée, amputée, mutilée. C’est le corps et l’âme d’un peuple qui sont en danger de mort. » Populicide est un nouveau coup de canif venu ébranler les certitudes d'idéologues convaincus que « tout va bien » dans la France contemporaine.

    Avec le souffle romanesque et la verve clairvoyante qui caractérise son oeuvre l'auteur à succès poursuit sa mise en garde contre la crise existentielle dans laquelle fourvoie un certain laxisme et réaffirme que la survie d’un peuple ne peut exister sans les références à son histoire.
Philippe de Villiers assure qu’il n’écrira plus d’autres livres après la parution de Populicide qu’il qualifie de livre-testament. Hélas !

    Et s’il ne fallait voir derrière le succès de Philippe de Villiers, malgré un discours parfois trop alarmiste, le seul bonheur qu’éprouvent les amoureux de la langue française à lire et écouter un conteur de talent, un historien érudit, un chroniqueur politique mordant et surtout un prodigieux ciseleur de mots.








Quand les libraires donnent leur avis

    Pour rester dans le domaine de la librairie, le site Page des Libraires qui vaut le détour puisqu'il donne la parole aux intéressés et fait appel à leurs coups de coeur. Il s'agit des libraires, les vrais, ceux qui lisent, osent la nouveauté et savent conseiller le lecteur.
Page des Libraires propose également une revue bimestrielle. Elle permet aux libraires de participer à la lecture sur épreuves, rédiger des articles ou recommander les titres à paraître. Elle permet également aux éditeurs de soumettre leur catalogue de publications. Les livres sont sélectionnés par les libraires du réseau Page parmi les titres des éditeurs partenaires. Ils sont ensuite mis en lecture, et après avis favorable des libraires, chroniqués dans la revue





L'écriture inclusive... ou l'art de brasser du vent

Accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers. Le président a sa présidente, le directeur a sa directrice, l'intervenant a son intervenante. Jusque là rien de neuf sous la comète. Il restait à transformer le pompier en pompière, le médecin en médecine, l'auteur en autrice... et là ça commence à faire mal aux oreilles. Au mieux un auteur est devenu au fil des ans une auteure et celles qui ne souhaitaient pas en devenir une avaient l'option poétesse, romancière, essayiste...etc. De même, mettre un point-milieu là où l'on mettait une parenthèse n'a rien d'original : les candidat.e.s au lieu des candidat(e)s. Quant aux droits de l'homme, inscrits dans la Constitution, on peut certes les transformer en droits de l'animal humain pour que les hommes et les femmes ne s'étripent plus. Revers de l'écriture inclusive qui veut féminiser la grammaire au nom de l'égalité des sexes, il faudrait également intégrer la masculinisation de certaines professions exercées par des hommes, tel le métier de sage-femme. Autant dire qu'il s'agirait d'une grande refonte de la langue française qui, de toute manière, ne défendrait en rien la cause des femmes. N'y aurait-il pas meilleur combat féministe, comme de s'intéresser à ces femmes SDF, dormant dans la rue au milieu de tous les dangers, et dont le nombre a bondi de 60 % en 10 ans ?
Pour ceux qui ne cessent de s'attaquer à la langue française faute de la maîtriser, on ne saurait que trop conseiller un ouvrage utilisé par des générations d'élèves et de nombreux adultes dans tous les pays de la Francophonie, Le petit Grévisse, guide pratique des difficultés de la grammaire française.







Une mine d'or pour auteurs et lecteurs

    Les bons sites littéraires susceptibles de charmer à la fois auteurs et lecteurs ont tendance à se raréfier ou à dépérir.

    Il en est pourtant un, très complet, d’une navigation agréable (par là il faut entendre sans débordements excessifs de pubs). Le site actualitte.com ne se contente pas de dérouler l’actualité littéraire au travers d’interviews, de reportages, d’enquêtes.
Il parle aussi d’édition, d’éditeurs, de ceux qui dirigent les collections, de bibliothèques, de libraires.
Il parle de législation, de numérique, de publications, d’enchères. Il parle de médias, de jeux vidéos, de presse… à vrai dire, un excellent et incontournable site littéraire, à rendre jaloux le Portail du Livre.






Louis pouzin : Dire qu'internet aurait pu être français....

Internet aurait pu être une invention française et s'appeler Mitranet. Mais voilà : nul n'est prophète en son pays, notamment un pays où les monstres sacrés passent sous les fourches caudines de sacrés monstres. En 1973, un bourguignon nommé Louis Pouzin invente le concept du datagramme, à l'origine du protocole TCP/IP qui a permis le lancement d'internet. Il le développe à travers le réseau Cyclades, concurrent d'Arpanet (l’ancêtre d’internet) aux USA. Devenu opérationnel en 1975, le concept a permis de tester une interconnection de 25 ordinateurs basés en France, à Londres et à Rome. Ces travaux intéresseront particulièrement les Américains Vinton Cerf et Bob Kahn, réalisant tout le potentiel des recherches de Louis Pouzin et de son équipe, avec qui ils collaborent étroitement.

En 1978, pour des rivalités d'intérêts financiers qui opposent les télécoms au numérique, le gouvernement  Français préférera développer le protocole transpac à l'origine du minitel dont on connaît la finalité. Confisquant les subventions et tous moyens de fonctionnement au monstre sacré, de sacrés monstres offriront au projet Cyclades un enterrement de première classe, couronné de la belle épitaphe dévolue à ceux que la bêtise veut plonger dans l'oubli : « Louis Pouzin ? C'est qui ça ? ».

La même année, Vinton Cerf et Bob Kahn, œuvrant à la refonte d'Arpanet à l’université Stanford, s'inspireront des travaux de Louis Pouzin et de son équipe pour lancer le protocole TCP/IP. Et par la même occasion l'internet d'aujourd'hui. Ainsi, les défuntes Cyclades légueront aux USA l'héritage intégral d'internet et le contrôle de sa gestion (ex : les noms de domaine sont gérés exclusivement par l'ICANN). Ne restera que la liberté d'utiliser le réseau, âprement défendue par Tim Berners-Lee.

Les Cyclades inhumées, Louis Pouzin poursuivra sa carrière en direction d'autres projets pilotes. Mais si l'inventeur est honoré dans bien des pays étrangers dont les États-Unis où ses travaux sont largement reconnus, en France il tombera délibérément dans les oubliettes pendant près de 30 ans. Et pour cause, les sacrés monstres mettront longtemps à digérer le ridicule d'avoir raté l'innovation du siècle et l'opportunité que l'hexagone soit pionnier de l'internet.

Ce n'est qu'en 2003 que le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, en la personne de Claudie Haigneré, s'aventurera à lui remettre la Légion d'honneur, déclarant non sans humour :
« Je vois dans cette cérémonie qui nous réunit ce soir, outre la reconnaissance naturelle que la France doit à ses chercheurs et ingénieurs d'exception, un double symbole. D'abord le symbole d'une recherche telle que je l'appelle de mes vœux : mobile, réactive, originale, sobre et efficace. Ensuite, le symbole d'une France en mouvement, d'une France en avance. »

Plus prestigieuse sera la reconnaissance de la couronne britannique et la récompense décernée en 2013 à Louis Pouzin en même temps qu’à Vinton Cerf, Bob Kahn, Tim Berners Lee et Marc Andreessen, le Queen Elizabeth Prize for Engineering, comparable au Prix Nobel dans le domaine de l'ingénierie.
Internationalement reconnu, le monstre sacré recevra également en 2001 le prix IEEE Internet pour l'invention du datagramme, en 2015 les Lovie Awards pour avoir  « posé la pierre de base la plus importante dans la création d’internet » et en 2016, le Prix de l'homme numérique de l'année décerné par l'Arménie qui a adopté l’internet de nouvelle génération RINA .

En 2018, Chantal Lebrument et Fabien Soyez, tous deux passionnés d'internet, ont consacré une biographie exhaustive et illustrée à notre héro, intitulée  Louis Pouzin - l'un des Pères de l'Internet  et relatant sa carrière, ses travaux, ses projets.

Nombreux sont aujourd'hui les sites qui s'intéressent aux travaux passés ou présents de notre monstre sacré. Mais on s'attardera plus particulièrement sur le site Rina, un projet pour l'internet nouvelle génération qui détaille le projet RINA (Recursive Internetwork Architecture) protocole de communication  plus simple, plus rapide et plus sécurisé que les protocoles utilisés sur Internet.

Sur le site, on pourra lire : À la question de savoir quelles seraient les solutions pour remédier aux dérives actuelles du web, Louis Pouzin répond « qu’il faudrait tout simplement un nouvel internet, qui permette d’offrir des services sécurisés, un Internet basé sur les besoins des gens, à l’abri des monopoles internationaux et des fake news. C’est l’idée du projet RINA, lancé par l’américain John Day, auquel je collabore. Malheureusement, la France est en bas de la liste des pays intéressés par RINA ».
Désespérant...







Authors Guild

Le Portail du Livre soutient l'Authors Guild dans sa croisade contre les plateformes utilisant l'Intelligence Artificielle pour spolier les auteurs. Une class-action a été engagée par des auteurs reconnus qui reprochent à ces plateformes de copier leurs œuvres, des œuvres protégées, sans leur autorisation et sans compensation. Pire, certains de ces auteurs reconnus ont même vu leur style plagié dans des ouvrages qu'ils n'ont jamais écrits, ouvrages publiés sous usurpation de leur propre identité. ’

The Book Portal supports the Authors Guild in its crusade against platforms using Artificial Intelligence. A class action has been initiated by famous authors who accuse these platforms of copying their works without their permission and without compensation.







L'ami de Jeanne... d'Arc


« Le nom de Gilles de Rais est bien sur connu de tous. Il a inspiré de nombreux récits le plus souvent monstrueux comme "barbe bleue". Pourtant Gilles de Rais n’est pas qu’une légende, il a bel et bien existé, entre autre il a été un des plus proches compagnons d’armes de Jeanne d’Arc. Il a été également un important seigneur de l’Ouest, propriétaire de nombreux château de Bretagne à l’Anjou.»

Élie Durel est passionné par l’histoire et le patrimoine de France. Il est l’auteur de romans et récits historiques, de beaux livres, d’almanachs de la France et de région, de fictions en lien avec l’histoire. Dans l'ouvrage Le mystère Gilles de Rais l'historien se penche sur ce sulfureux personnage à partir de sources très documentées.








Homéopathie: qui était Hahnemann?

Voilà un site qui nous éclaire sur Christian Friedrich Samuel Hahnemann, le fondateur de l'homéopathie en 1796, une médecine clouée au pilori deux siècles plus tard. On apprendra notamment que le jeune Samuel se voit accorder une bourse d'étude pour ses qualités d'assiduité et d'intelligence par le roi de Saxe. Passionné par la recherche scientifique et attiré par la médecine, il se lance dans la pratique de « l'art de soigner », mais devant la résistance des maladies, il doute de la valeur des remèdes et des théories enseignées. Il obtient son diplôme et devient le médecin personnel du baron de Brukenthal, puis se consacre à l'écriture. Au jeune médecin qui parlait sept langues, un éditeur propose la traduction de l'ouvrage d'un scientifique écossais sur le quinquina du Pérou. En contradiction avec l'auteur, et s'appuyant sur les théories d'un certain Hyppocrate (« Les semblables sont guéris par les semblables ») Hahnemann expérimente sur lui-même un traitement: l'homéopathie est née. La publication de la bible de l'homéopathie, « L'Organon », lui attire les foudres de ses pairs de la médecine officielle, ce malgré de nombreux succès de guérison, dont notamment le traitement homéopathique du choléra. Hahnemann introduit le second principe qui repose sur le fait que le médicament agit par sa nature et non par la quantité ingérée, théorie qui vaudra aux obscurantistes de tous acabits de réduire l'homéopathie à de l'eau et du sucre, pendant deux siècles et jusqu'à nos jours. En 1835, il s'installe à Paris où son appartement exigu connaît la ruée des malades, des admirateurs et des médecins venus s'instruire sur ce nouvel art. C'est dans la capitale que le scientifique érudit, qui craignait de voir l'oeuvre née de son patient labeur disparaître avec lui, mourra en 1843. Il sera inhumé au cimetière du Père Lachaise, pauvrement et sans cortège. Sept ans après sa mort, la ville de Leipzig d'où il avait été chassé, lui élèvera une statue.






Léonard de Vinci, les derniers jours d'un génie


Léonard de Vinci a soixante-quatre ans lorsqu’il répond à l’invitation de François 1er, alors au sommet de sa puissance. Le roi de France installe le génial vieillard au château du Cloux (aujourd’hui le Clos-Lucé) à Amboise et lui donne le titre de « Premier peintre, ingénieur et architecte du roi ». Durant les deux années et demie qui lui restent à vivre, l’auteur de La Joconde est toujours aussi prolifique, il organise des fêtes à la gloire de son ami le roi et conçoit des projets grandioses : une nouvelle capitale royale à Romorantin en Sologne et le château de Chambord, une œuvre d’art unique au monde. Le palais royal et la ville nouvelle de Romorantin sont restés à l’état d’étude sur le papier et Léonard de Vinci ne verra pas la construction de Chambord dont certains aspects laissent à penser qu’il est bien l’auteur des plans, au moins partiellement.

Quel livre choisir sur l'excellent site d’Elie Durel, historien et romancier ? Le récit consacré à la Tigresse bretonne, « Jeanne de belleville, corsaire par amour » ? Celui qui nous éclaire sur « L’autre fin des Romanoff » et la survie de l’une des Grandes-Duchesses qui ne serait pas Anastasia ? Où celui mettant en scène deux personnages que tout oppose Jeanne d’Arc et Gilles de Rais, « les amants du Val de Loire ?  Le lecteur n’aura que l’embarras du choix pour satisfaire sa gourmandise historique, et notamment l’une des dernières publications consacrée aux derniers jours de  Léonard de Vinci.